Philosophie

On peut poser en formule pratique : philosopher c'est réfléchir. Mais encore faut-il préciser de quelle réflexion il s'agit.

2. La réflexion philosophique.

2-1) Objet de la réflexion philosophique.

L'objet de la philosophie n'est pas limité. Il n'est rien qui ne puisse et ne doive tomber sous les prises de la réflexion philosophique : les activités ordinaires de la vie, la science et la technique, l'art, la religion, la vie sociale et politique, l'histoire, tout relève de sa curiosité, rien ne peut se soustraire à son regard.
Dans ces diverses manifestations de l'esprit, c'est l'esprit même que la philosophie cherche à retrouver. Par elle la pensée se fait miroir d'elle-même et aussi miroir du monde dans la mesure où le monde demande à être compris en fonction de la conscience humaine qui seule peut en chercher le sens et la raison d'être.
HEGEL nous dit: « La philosophie , c'est la pensée qui se rend consciente d'elle-même, qui s'occupe d'elle-même, se fait son propre objet et se pense dans ses diverses déterminations. »

2-2) Nature de la réflexion philosophique.

Elle se dégage directement de ce qui vient d'être dit. Elle est essentiellement au retour de l'esprit sur lui-même se convertissant à sa propre intériorité, regardant dans sa propre direction.
La réflexion philosophique est le mouvement par lequel la pensée revient sur elle-même pour s'interroger sur ce qu'elle est et découvrir tous les problèmes le l'esprit à la faveur de cette conversion.
Nous l'avons vu, au chapitre précédent, à propos des relations avec la Science. La philosophie n'est pas la connaissance scientifique de l'objet mais bien la conscience réflexive du sujet, selon la formule de VIALATOUX.
C'est cette demande qui fait son originalité, qui en fait en quelque sorte la pensée de la pensée.
Il y a là plus qu'une attitude réfléchie, une attitude réflexive. C'est pourquoi es philosophes appellent analyse réflexive ou conscience réflexive l'acte par lequel 'esprit s'intéresse à son mécanisme, à son fonctionnement, à ses opérations et à out ce qu'il engage de lui-même dans la connaissance et l'action.

La réflexion philosophique est donc une conscience au sens le plus fort du mot et un retour de la conscience sur elle-même. Nous montrerons l'importance de la conscience, telle que l'ont saisie les grands philosophes comme SOCRATE avec son précepte « Connais-toi toi-même » et DESCARTES avec sa formule :« Cogito ergo sum ; Je pense donc je suis ».

2-3) Portée de la réflexion philosophique.

Il va sans dire que la réflexion philosophique sera essentiellement critique, qu'elle portera à son comble ce qu'on appelle communément l'esprit critique. Aucune notion ne trouvera grâce à ses yeux qui ne soit examinée, discutée, évaluée, jugée. Elle aura pour instrument principal le doute tel que DESCARTES l'a défini, c'est-à-dire la mise en question de tout ce qui se présente à l'esprit tant dans l'ordre de la spéculation que dans l'ordre de l'action, non pas dans un état d'esprit sceptique mais dans l'intention de dégager si possible, à travers les erreurs, le chemin de lumière conduisant à la vérité.
Cette mise à l'épreuve radicale de la valeur des connaissances et des opinions nous montre que si la philosophie a son départ dans la vie, elle n'en consiste pas moins à critiquer les apparences, à dénoncer les erreurs, à rompre avec les façons habituelles de voir quand elles sont aberrantes ou illusoires. C'est pourquoi les philosophes soulèvent des difficultés qui échappent au commun des mortels.
En conséquence, philosopher c'est ouvrir les yeux des hommes à un monde qui dépasse les apparences, c'est les libérer des sortilèges du sensible, leur dévoiler la lumière véritable qui pourra ensuite les guider dans la vie, comme PLATON l'a montré dans l'allégorie de la Caverne.

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