Perception

Nous possédons une faculté, l'intuition sensible, qui nous permet de saisir directement le monde extérieur tel qu'il nous apparaît: sensation et perception en sont les deux modalités principales.

1. La synthèse perceptive.

Nous les prendrons ici ensemble pour ne pas briser l'unité de ce qu'on appelle également la connaissance sensible.

1-1) Définition.

Au sens large on parle de perception pour la prise de conscience du moi, du corps et des objets extérieurs. C'est un emploi abusif : il n'y a perception que des objets sensibles extérieurs et du corps dans la mesure où il peut être rangé parmi eux. Les phénomènes intérieurs ou proprement spirituels sont affaire de conscience et non de perception.
De plus il est difficile de définir l'acte de percevoir sans faire état de l'activité de l'esprit et de l'importance que lui accordent les diverses théories de la connais­sance.
Du point de vue empiriste, la conscience reçoit un monde qui s'offre à elle par les sensations.
Du point de vue rationaliste la conscience se donne un monde, le sujet pose un objet différent de lui.
Nous retrouverons sans cesse ces difficultés dans la trame de la question.
Retenons d'abord une formule proposée par LALANDE : la perception est l'opération par laquelle le sujet, organisant ses sensations présentes les inter­prétant et les complétant par des images et des souvenirs, s'oppose un objet qu'il juge spontanément distinct de lui, réel, présent et actuellement connu.

1-2) Analyse de la perception.

La définition précédente révèle la complexité d'une opération qui se prête à l'analyse en raison même de son caractère de synthèse qui en fait l'intégration d'une pluralité d'éléments :
Les sensations. Ce sont les matériaux concrets de la construction perceptive. Sans elles la perception risquerait de se confondre avec le souvenir, l'idée abstraite, et même l'hallucination.
Les souvenirs. La mémoire intervient dans la perception habituelle de l'objet au point que les souvenirs vont jusqu'à recouvrir les sensations pré­sentes si l'on ne prend soin de les écarter pour voir l'objet à neuf. BERGSON l'a remarqué : « Dans certains cas, percevoir finit par n'être plus qu'une occasion de se souvenir. »
Les images. Pour les psychologues classiques, la conscience projette des images au-devant de la sensation, images qui sont d'ailleurs dérivées de sensations antérieures et se distinguent malaisément des souvenirs. Une telle conception a été récusée par SARTRE qui estime que l'imagination et la percep­tion sont exclusives l'une de l'autre et que la conscience ne vise pas chaque fois le même univers. L'image pour lui, c'est précisément ce qui n'est pas perçu.
Cependant si la perception implique une intention psychique organisatrice, on peut dire qu'il y a pré-perception, phénomène à la faveur duquel se glisse­raient les images.
L'activité de l'esprit. Elle est manifeste, quoi qu'en dise l'empirisme. Dans l'opération perceptive s'effectue un double travail mental : d'analyse et de synthèse.

Malgré cette complexité de structure la perception demeure, dans l'ordre du vécu, un acte simple et il ne saurait être question d'en faire une somme ou une résultante d'éléments associés.

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