Conscience

2. Les opérations et le contenu de la conscience.

C'est un fait, la conscience se saisit elle-même mais en quoi consiste-t-elle exactement?
On peut voir en elle trois sortes de sujet pensant : le sujet psychologique, le sujet transcendantal, le sujet ontologique.      

2-1) Le sujet psychologique.

C'est tout simplement la vie intérieure et spirituelle, l'ensemble des états ou des actes de la conscience dont l'activité n'est autre que celle de l'esprit. La vie psychologique s'appelle aussi la vie mentale, la vie psychique.
Sentiments, passions, tendances, images, souvenirs, idées, jugements, décisions, bref tout ce que les écrivains appellent des états d'âme. C'est la pensée en général dans son intériorité et sa spiritualité.
« Par le nom de pensée, déclare Descartes, je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous en sommes immédiatement connaissants. Ainsi toutes les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées. »
Parler d'états à ce propos ne doit pas faire penser à quelque chose de statique et il faut garder en mémoire ce mot de Bergson : « Entre mobilité et conscience, il y a un rapport évident. Il n'y a pas d'états, il n'y a que des progrès. Il n'y a pas de choses qui sont, il n'y a que des choses qui se font. »
Cette vie de la pensée se particularise en chacun de nous : le sujet psychologique devient alors le moi, la personnalité réalisant sa présence à elle-même et se posant dans un acte d'auto-création où s'exprime sa liberté.

2-2) Le sujet transcendantal.

C'est d'abord en langage kantien l'activité a priori du Je pense qui organise la connaissance et introduit liaison et unité dans tous les jugements de l'esprit.
C'est une fonction logique de synthèse et d'unification dés matériaux de la connaissance.
Pour Husserl et les phénoménologues, qui dérivent de Kant, la conscience est essentiellement intentionnelle, c'est-à-dire orientée, tendue vers quelque chose qui n'est pas elle. Elle est tout entière regard et visée, regard qui resterait vide s'il ne se posait sur un objet. Une conscience sans objet n'est pas une conscience. Elle ne peut exister que si elle est conscience de quelque chose d'autre qu'elle-même. Toute conscience est conscience d'un objet transcendant à elle.

2-3) Le sujet ontologique.

C'est l'être même de la conscience, tel que Descartes le définit quand il écrit : « Je suis une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui, pour être, n'a besoin d'aucun lieu ni ne dépend d'aucune chose matérielle. »
La conscience est alors identifiée à l'esprit et l'esprit à un être qui ne se réduit ni à la connaissance qu'il a de lui-même ni aux conditions matérielles et biologiques de sa présence au monde.
Bien des philosophes exigent que l'on choisisse entre ces trois sujets, ces trois statuts de la conscience. Le sujet ontologique exige notamment, pour être reconnu, une prise de position d'ordre métaphysique, qui relève du conflit entre le matérialisme et le spiritualisme. Mais il est parfaitement possible d'attribuer à la conscience les trois statuts que nous avons distingués, afin de ne rien retrancher de la richesse de la substance spirituelle.

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