Afrique du Sud

Histoire :

Le territoire actuel de l'Afrique du Sud fut d'abord peuplé par des populations de langue khoisan, puis des Bochimans, des Namas et enfin des Bantous. Ensuite, les Arabes et les Portugais abordèrent les côtes sans s'y fixer.
La première colonie hollandaise s'installe au Cap en 1652. En 1688, elle est rejointe par les premiers colons français, des huguenots réfugiés aux Pays-Bas après la révocation de l'édit de Nantes et recrutés par la Compagnie hollandaise des Indes orientales. La conquête et la soumission des sociétés locales africaines prendront trois siècles. L'esclavage est aboli en 1833 par les Britanniques, qui ont acheté la colonie du Cap en 1814 et annexé le Natal en 1843. En 1835, les descendants de Hollandais et de huguenots, devenus les Boers (les «paysans »), ou Afrikaners, entament le Grand Trek, une migration vers l'intérieur des terres, où ils fondent la république du Transvaal et l'État libre d'Orange. Les premiers diamants sont découverts en 1866, l'or en 1873. Les Britanniques tentent alors d'annexer les républiques boers, provoquant une guerre sanglante (1899-1902) qui se termine à leur avantage. Le traité de paix permet aux Afrikaners, défaits militairement, de conserver le pouvoir dans le cadre fédéral qui a remplacé leurs anciens États. Le premier président de l'Union sud-africaine, créée en 1910, est un des leurs, Louis Botha. Exclus de toute représentation, les Noirs créent en 1912 le Congrès national africain (ANC). En 1913, la législation sur les terres instaure, pour les Noirs, les réserves, ou bantoustans, sur 7,3% du territoire.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Sud renforce l'apartheid («développement séparé des ethnies»), sous la férule du Parti national afrikaner de Daniel F. Malan, et l'étend aux Indiens. L'ANC est interdite en 1960 par le gouvernement de Hendrik F. Verwoerd, après avoir mené, depuis 1952, un mouvement de désobéissance civile. En 1961, le pays quitte le Commonwealth et devient une république. Le soulèvement de la jeunesse scolarisée noire de Soweto est noyé dans le sang en 1976, les mouvements de protestation noirs continuent tandis que la guérilla reprend à partir des pays limitrophes. L'armée sud-africaine intervient en Angola en 1981 et en Namibie. Pieter W. Botha, succédant en 1978 à Balthazar J. Vorster, engage des négociations avec l'Angola et le Mozambique et promulgue, en 1984, une nouvelle Constitution. Les protestations sont toujours aussi violemment réprimées et plusieurs pays adoptent des sanctions économiques. L'état d'urgence est proclamé de 1986 à 1990. En 1988, un accord de cessez-le-feu avec l'Angola et Cuba, qui soutenait militairement le régime angolais, ouvre la voie à l'indépendance de la Namibie. Le successeur de Pieter Botha, Frederick De Klerk, engage en 1990 un processus d'ouverture : l'interdiction de l'ANC et des autres organisations de Noirs est levée, Nelson Mandela, figure charismatique de la révolte noire, est libéré après une détention de vingt-sept ans, des élections sont organisées en Namibie sous le contrôle des Nations unies. De Klerk annonce pour 1991 l'abrogation des trois dernières lois fondamentales de l'apartheid, avec des mesures transitoires, avant l'adoption d'une nouvelle Constitution. Néanmoins, de violentes rivalités au sein de la population noire, notamment entre Zoulous et militants de l'ANC, fragilisent la position de Nelson Mandela à la veille de changements fondamentaux.

Politique :

Selon la Constitution de 1984, le Parlement de l'apartheid est composé de trois Chambres élues pour cinq ans. La Chambre de l'assem­blée est exclusivement composée de Blancs, 178 au total, la Chambre des représentants de métis, ou Coloureds (85), et la Chambre des délégués de 45 Indiens. Le président de la République, également chef du gouvernement, est élu pour cinq ans par un collège électoral à majorité blanche. Les Noirs n'ont pas le droit de vote, mais élisent les assemblées législatives des dix bantoustans, dont quatre, le Bophuthatswana, le Ciskei, le Transkei et le Venda, se sont vu octroyer une « indépendance » qui n'est pas reconnue sur le plan international.

Economie :

L'Afrique du Sud est le premier exportateur mondial d'or (40% de ses exportations). C'est aussi un des principaux producteurs mondiaux d'uranium, de diamants, de chromite, d'antimoine, de platine et de charbon. L'agriculture fournit un tiers du volume des exportations (fruits, vin, laine et maïs). Le niveau de vie élevé des Blancs contraste avec celui des Noirs, des métis et des Indiens. Les sanctions économiques décidées par l'ONU pour protester contre l'apartheid ont mis en difficulté l'industrie et contraint le gouvernement à rechercher l'autosuffisance en matière économique.

Tourisme :